L'entorse de la cheville

INTRODUCTION

Toutes les études épidémiologiques sportives s'accordent à reconnaître la très grande fréquence de l'entorse externe de cheville. Cette banalité sportive (et non fatalité) ne doit pas faire oublier qu'elle doit être considérée avec le plus grand sérieux, même sous sa forme la plus bénigne. La réussite du traitement dépend de la promptitude avec laquelle on intervient.


RAPPEL ANATOMO-PHYSIOLOGIQUE

La cheville est l'articulation entre le tibia et l'astragale. Elle supporte tout le poids du corps et les ligaments latéraux sont fortement sollicités lors de déplacements latéraux et de réception de sauts. Le ligament externe se compose de 3 faisceaux reliant le péroné aux os du pied.

MECANISME DE L'ENTORSE

Dans le langage commun, on entend souvent : « je me suis tordu le pied ». C'est en fait une torsion en varus de l'arrière pied qui met en tension extrême les faisceaux ligamentaires. On peut différencier grossièrement deux types d'entorse :

- l'entorse « pas de chance » où le joueur marche sur le pied d'un de ces coéquipiers ou adversaire

- l'entorse « individuel » où la cheville du joueur se dérobe lors d'un déplacement ou lors d'une réception d'un saut.

DiAGNOSTIC

La description de l'accident oriente le médecin ou le kiné vers le diagnostic. A la palpation on constate une douleur très localisée au niveau du ligament. La cheville gonfle très rapidement. En fonction de la gravité, le joueur peut ou non poser le pied au sol. Les signes de gravités sont :

- un mécanisme violent,

- une sensation de déchirure,

- un craquement,

- un hématome immédiat,

- une impossibilité de poser le pied au sol.

TRAITEMENT D'URGENCE

Glaçage : si le froid augmente les douleurs , arrêter immédiatement car il y a suspicion d'atteinte osseuse.


Bandage compressif afin de limiter l'importance de l'œdème.

Un diagnostic précis et rapide permet au médecin ou au kiné de décider immédiatement si le joueur peut retourner sur le terrain. Dans tous les cas, ce retour se fera sous couvert d'un strapping.

PREVENTION

Il ne faut jamais négliger les petits signes pouvant mener à l'accident. Bien sûr, la fatigue ou le « surentraînement » sont des signaux d'alerte.

Il faut également s'assurer de la « bonne santé » de l'équilibre du pied. Il faut faire, à chaque entraînement, des exercices de proprioception (un article y sera consacré très prochainement) qui ont pour but d'améliorer la stabilité de l'articulation dans l'espace.

REEDUCATION

Les buts de la rééducation sont la diminution de l'œdème,
la disparition de la douleur et la récupération d'une bonne stabilité articulaire.

Le kiné doit penser à vérifier s'il n'existe pas d'éventuels décentrages articulaires de la cheville ou de l'articulation entre le tibia et le péroné, au niveau du genou.

Les techniques sont diverses, il faut renforcer les muscles péroniers qui ont une fonction inverse du mécanisme de l'entorse.

Cette rééducation est très riche et il n'est pas simple de la résumer en quelques mots !!

SEQUELLES EVENTUELLES

Après un traitement chez le kiné, les séquelles les plus souvent rencontrées sont des tendinites réactionnelles au niveau du tendon d'Achille ou du tibial postérieur. Ces inflammations sont souvent occasionnées par une reprise trop rapide des activités physiques. Le corps se défend comme il peut !!!

Sans traitement chez le kiné, les séquelles peuvent être beaucoup plus sérieuses comme une mauvaise cicatrisation ligamentaire, une instabilité chronique… Alors faites-vous soigner !!

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